Une famille autour du monde
 

VOYAGES AU LONG COURS

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Fenêtre sur les Andes (Argentine)

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Le 30 janvier 2003, de Coihaique (Chili)
 

Bonjour tout le monde

LA CARTE

Mardi 14 Janvier 2003 - El Calafate (Argentine)

Eh bien, voilà, finie la grande descente vers le sud. Maintenant, c'est vers le nord que nous nous dirigeons à grands pas.
Noël au pied du Cerro Condor (Terre de Feu) Nous avons passé une journée de Noël superbe, au bord de la Laguna Verde, dans le parc national de Lapataia, au bout de la Route 3. Il faisait grand beau et nous avons pu nous préparer un gigot d'agneau au barbecue. Chair tendre à souhait. Apéritif au champagne. Gâteau à la noix de coco en dessert... Tout le monde s'est régalé. Et j'ai même trouvé le moyen d'attraper un coup de soleil !
Nous avons passé cinq jours dans le parc, toujours avec les Bordelais. Plus loin, il y avait aussi plusieurs véhicules allemands, un couple de Suisses, un autre de Canadiens (en fait, des Suisses allemands émigrés au Canada depuis 35 ans), un Américain en vélo... Les enfants s'en sont donné à cur joie, complètement libres de crapahuter aux alentours. Ils ont aussi découvert les castors, importés un jour du Canada, et leurs barrages de titans. Au total, nous avons eu un seul jour de pluie : pas mal !
De retour à Ushuaïa, nous avons réveillonné dehors, au bord de la lagune, pas très loin du yacht-club. A minuit, quelques feux d'artifice ont été tirés près de l'aéroclub. Vers le sud, le ciel était encore lumineux. Il l'est d'ailleurs resté toute la nuit. Cette fois, le repas a été moins fastueux : nous nous sommes contentés de sandwiches. Par contre, le champagne était encore de la partie. Et les doudounes aussi !
En remontant vers le nord, nous avons visité un peu plus la Terre de Feu chilienne, nous dirigeant vers Porvenir avant de longer le détroit de Magellan vers le nord-est jusqu'au ferry. Le vent a fait rage pendant plusieurs jours, parfois accompagné de la pluie. Le fourgon avait du mal à avancer : impossible de tenir la quatrième vitesse. La nuit, malgré l'abri offert par une maison isolée, le VW tanguait comme un bateau sous le coup des rafales. Du jamais vu ! Un Chilien que nous avons pris en stop estimait la vitesse du vent à 120 km/h. Il nous a d'ailleurs dit que l'été était la plus mauvaise saison ! Le mois de mars serait beaucoup plus doux, car alors le vent disparaît. Même l'hiver serait finalement plus agréable, bien qu'il y ait de la neige partout.
Sur le détroit de Magellan Jusqu'à hier, le vent ne nous a d'ailleurs pas quittés. Pendant les trois jours que nous avons passés à Punta Arenas, en bordure du détroit, mais sur le continent cette fois, il a soufflé sans discontinuer. A la longue, c'est fatigant. Et encore, nous ne voyageons pas à vélo ! Pour les cyclistes, c'est l'horreur. Hier après-midi, nous en avons croisé un sur la piste : il arrivait tout juste à pousser son vélo. Il faut dire qu'il se prenait le vent de face...
A Punta Arenas, nous avons fait la connaissance de Peter et Florian, deux allemands qui voyagent aussi en VW. Mais pas n'importe quel VW : un LT 40 4x4. Le grand frère du nôtre, quoi ! Plus long, plus large... et tellement plus spacieux ! En plus, le moteur est à l'avant, ce qui facilite l'aménagement intérieur. Eux-aussi sont arrivés avec un bateau Grimaldi, un mois avant nous.
Sur la plage, Samuel a aussi découvert un cormoran blessé. Il était dans l'eau, ballotté par les vagues. Quand nous nous sommes approchés, il s'est traîné jusqu'à nous et s'est laissé tomber sur mes pieds. Mais quand j'ai voulu le soulever, il s'est défendu à coups de bec. Quelques tentatives plus tard (et les deux pouces tailladés !) nous lui avons fermé le bec avec une corde. Dès lors, il s'est complètement laissé faire. En fait, il avait une aile blessée. Mais comme nous n'avions pas de Ligue de Protection des Oiseaux sous la main, il a bien fallu le relâcher... Seulement, il ne voulait plus nous quitter ! Les enfants ont construit une dune pour l'abriter du vent, mais nous ne pouvions guère faire plus. Il a sûrement fini sous la dent d'un chien errant : nous en voyions souvent rôder sur la plage et attaquer les oiseaux.

Jeudi 30 Janvier 2003 - Coihaique (Chili)

Rodéo à Villa Tehuelches En continuant vers le nord, nous sommes arrivés par hasard à Villa Tehuelches (un village d'à peine 150 habitants) un jour où les gauchos du coin organisaient un rodéo. Pour l'occasion, tout le monde s'était mis sur son trente et un. Seuls les taurillons n'étaient pas à la fête. Côté gradins, c'est tout juste s'il y avait autant de spectateurs que de participants ! Une cinquantaine, à tout casser.
A Cerro Castillo, nous sommes repassés en Argentine, salués au passage par deux condors en vol. Puis, nous avons pris la Route 40. Parallèle à la Route 3, elle court le long de la Cordillère des Andes. Cette région est beaucoup moins habitée et la route n'est pas goudronnée. La végétation est toujours rase : quelques touffes d'herbe sèche, des buissons épineux et c'est tout. Un peu plus haut, vers 500 m d'altitude, on trouve quand même de petits arbres, de la famille du bouleau.
A El Calafate (du nom d'un arbuste épineux dont les fruits bleu foncé rappellent le cassis), nous avons retrouvé Peter et Florian. Et nous avons passé deux journées ensemble (en partie sous la pluie) devant le glacier Perito moreno. Long de 14 km, il se jette dans le Lago Argentino. Sa partie centrale avance de 2 m par jour, autant dire qu'il est fréquent de voir des morceaux tomber à l'eau. Quand on sait que l'avant du glacier, c'est une muraille de glace de 60 m de haut, on imagine bien la taille des morceaux ! Un réseau de passerelles en bois permet de s'approcher et de s'en mettre plein les yeux. Samuel et Elisa ont bien aimé : nous avons dû descendre une douzaine de fois en deux jours ; ils ont même réussi à rester (presque) immobiles à regarder pendant plus de deux heures ! Samuel est surtout resté bouche bée devant un condor qui le survolait à une dizaine de mètres. Depuis, il rêve d'en voir un se poser devant lui.
En route vers le mont Fitz Roy Ensuite, c'est au pied du Mont Fitz Roy que nous avons passé quelques jours, rejoints cette fois par la famille de Bordelais. Nous avons fait une petite balade sur les flancs de la montagne (environ trois heures). Samuel grimpe comme un petit chamois. Elisa a plus de mal (elle est un peu fainéante !) mais elle reconnaît quand même que le paysage, vu d'en haut, c'est "trop joli" et que nous avons raison de la faire monter ! A notre arrivée, une partie de la chaîne de montagnes se trouvait dans les nuages. Le lendemain, le ciel était complètement dégagé et nous avons pu voir le soleil se coucher dessus. Il paraît que c'est très rare.
A partir d'El Chalten, la Route 40 devient plus étroite et beaucoup moins empruntée. Les villages se font rares : en 350 km, nous en avons traversé deux. Chacun devait compter cent habitants, à tout casser. Mais on y trouve quand même du carburant... presque plus facilement que du pain !
Plus loin, nous avons fait un tour à la Cueva de las Manos (caverne des mains) pour admirer les peintures rupestres des Tehuelches. On descend dans un superbe canyon (le lit du Río Pinturas) et là, sous des surplombs rocheux, il y a des centaines de silhouettes de mains (principalement gauches), des troupeaux de guanacos, un gros lézard... Les taggers de l'époque devaient s'être donné rendez-vous dans le coin. Et ils étaient sûrement loin de se douter qu'un jour on ferait des centaines de kilomètres pour venir voir leurs oeuvres !
Peintures de la Cueva de las Manos Finalement, nous avons traversé la Cordillère pour revenir au Chili et rejoindre la Carretera Austral, l'unique route du grand sud chilien. Nous avons choisi d'utiliser le passage le plus au sud (le paso Roballos). Là, la piste est toute petite. On s'y croise difficilement. Mais il est rare qu'on y croise quelqu'un : en 60 km, nous avons vu une voiture ! Du côté argentin, les paysages se sont révélés d'une beauté à couper le souffle. Montagnes dénudées et de toutes les couleurs, petits lacs asséchés sur les bords desquels divers squelettes témoignent du manque d'eau dans la région... La piste virevolte au milieu d'un paradis désertique. Les arrêts photo se sont multipliés : nous avons mis la demi-journée pour faire 60 km.
A la douane, Rémi a vu que nous étions le troisième véhicule de la journée. Les deux jours précédents, il n'y avait eu personne. Autant dire que les douaniers ne sont pas surchargés de travail !
Après le col, nous avons traversé une grande prairie d'altitude. Là, il a fallu descendre du fourgon pour ouvrir la vieille barrière en bois qui marque la frontière entre le Chili et l'Argentine. Devant nous, il y avait les hautes montagnes de la Cordillère et, accrochés à leurs sommets, de lourds nuages gris. La végétation a très vite changé : de l'autre côté des montagnes, il pleut beaucoup plus. Du coup, les élevages de moutons disparaissent aussi, remplacés par les vaches. C'est qu'il y a de l'herbe bien verte ! Et des arbres.
Piste vers le Chili Cette piste nous a menés jusqu'à la Carretera Austral elle-même, que nous avons empruntée pendant une vingtaine de kilomètres vers le sud, jusqu'à Cochrane, avant de repartir vers le nord. Il fallait faire le plein de gas-oil ! Il y a 10.000 ans, toute cette région était recouverte de glaces. Aujourd'hui, les vallées ont cet aspect bosselé caractéristique de l'érosion glaciaire. De loin, ce sont de toutes petites bosses. Mais de près, sur la piste, cela représente des grimpettes qui ne doivent pas être faciles à monter en hiver, par temps de verglas.
Là aussi, les villages sont rares. Les commerces le sont encore plus. Et le pain ne se trouve parfois que chez des particuliers qui en cuisent plus qu'ils n'en ont besoin. A Cochrane, nous avons pourtant trouvé une véritable caverne d'Ali Baba. "Le" magasin du village. On y trouvait de tout : des clous, des fers à cheval, des pâtes, de la viande, des fers à repasser (à vapeur ou à charbon), des selles, des tondeuses à gazon, des frigos, des fourneaux à bois, des fours micro-ondes, des sacs à dos, du fil à broder, des pipes... Nous avons même vu un accordéon et un violon !
Vallée glaciaire dans le sud du Chili Le vent ne nous poursuit plus comme il le faisait en Argentine. Ici, c'est la pluie. Et finalement, on se dit que le vent, lorsqu'il est accompagné de soleil, ce n'est pas si mal ! Il y a quand même des endroits, au sud du Chili, où il tombe 4.000 mm d'eau par an. Il vaut mieux aimer l'humidité pour vivre là. En tout cas, la végétation est luxuriante et la piste a parfois du mal à se frayer un chemin entre de véritables parois de verdure. C'est étouffant.
Hier, nous avons tout de même eu une demi-journée de beau temps (enfin... sans pluie, quoi !) et nous sommes arrivés en fin de journée à Coihaique. C'est une ville de 40.000 habitants, autant dire immense : nous n'en avions pas traversé une aussi grande depuis Punta Arenas, il y a trois semaines.
En partant d'ici, nous allons continuer vers le nord par la Carretera Austral jusqu'à Chaiten. Là, nous prendrons le bac pour l'île de Chiloé. Il y a neuf ans, nous y avions passé trois mois, travaillant bénévolement pour un prêtre belge. Nous l'avions perdu de vue depuis, mais grâce à Internet nous avons pu retrouver sa trace. Nous allons donc lui rendre visite !
Bises à tous et à la prochaine.

Rémi - Flo - Samuel - Elisa

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